giovedì 1 ottobre 2015

Michel Houellebecq. Non potete amare la verità e il mondo


La verità è scandalosa. Ma, senza di essa, non c’è nulla che valga. Una visione onesta e ingenua del mondo è già un capolavoro. Rispetto a questa esigenza, l’originalità conta poco. Non preoccupatevene. A ogni modo, un’originalità si sprigionerà per forza dalla somma dei vostri difetti. Per quanto vi riguarda, dite semplicemente la verità; dite semplicemente la verità, né più né meno.

Non potete amare la verità e il mondo. Ma avete già scelto. Il problema consiste adesso nel mantenere tale scelta. Vi invito a non scoraggiarvi. Non che abbiate qualcosa in cui sperare. Anzi, sappiate che sarete molto soli. La maggior parte delle persone scendono a patti con la vita oppure muoiono. Siete dei suicidi vivi.

Man mano che vi avvicinate alla verità, la vostra solitudine aumenta. L’edificio è splendido, ma deserto. Camminate in sale vuote, che vi rimandano l’eco dei vostri passi. L’atmosfera è limpida e invariabile; gli oggetti sembrano pietrificati. Talvolta vi mettete a piangere, tanto la nitidezza della visione è crudele. Vi piacerebbe tornare indietro, nelle nebbie dell’ignoranza; ma in fondo sapete che è già troppo tardi.

Continuate. Non abbiate paura. Il peggio è già passato. Certo la vita vi strazierà ancora; ma, dal canto vostro, non avete più tanto a che fare con essa. Ricordatevene: fondamentalmente, siete già morti. Adesso siete faccia a faccia con l’eternità.


MICHEL HOULLEBECQ (1958), Restare vivi, in Id., La ricerca della felicità, traduzione di Fabrizio Ascari, postfazione di Simone Barillari, Bompiani, Milano 2008 (I ed.), Bussare dove conta, pp. 20 – 21.





La vérité est scandaleuse. Mais, sans elle, il n’y a rien qui vaille. Une vision honnête et naïve du monde est déjà un chef-d’œuvre. En regard de cette exigence, l’originalité pèse peu. Ne vous en préoccupez pas. De toute manière, une originalité se dégagera forcément de la somme de vos défauts. Pour ce qui vous concerne, dites simplement la vérité; dites tout simplement la vérité, ni plus ni moins.

Vous ne pouvez aimer la vérité et le monde. Mais vous àvez déjà choisi. Le problème consiste maintenant à tenir ce choix. Je vous invite à garder courage. Non que vous ayez quoi que ce soit à espérer. Au contraire, sachez que vous serez très seuls. La plupart des gens s’arrangent avec la vie, ou bien ils meurent. Vous êtes des suicidés vivants.

À mesure que vous approchez de la vérité, votre solitude augmente. Le bâtiment est splendide, mais désert. Vous marchez dans des salles vides, qui vous renvoient l’écho de vos pas. L'atmosphère est limpide et invariable; les objets semblent statufiés. Parfois vous vous mettez à pleurer, tant la netteté de la vision est cruelle. Vous aimeriez retourner en arrière, dans les brumes de l’inconnaissance; mais au fond vous savez qu’il est déjà trop tard.

Continuez. N’ayez pas peur. Le pire est déjà passé. Bien sûr, la vie vous déchirera encore; mais, de votre côté, vous n’avez plus tellement à faire avec elle. Souvenez-vous-en: fondamentalement, vous êtes déjà mort. Vous êtes maintenant en tête à tête avec l’éternité.
                                                                                    

MICHEL HOULLEBECQ, Rester vivant et autres textes, Éditions Flammarion, Paris 1997 (I éd. Éditions de La Différence, Paris 1991), Frapper là où ça compte, p. 27.

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